Qui êtes-vous Käthe Kollwitz ?

Mis en avant

Käthe Schmidt est née le 8 juillet 1867, à Königsberg, l’ancienne capitale de la Prusse orientale (aujourd’hui Kaliningrad en Russie).

Elle naît quelques jours après la proclamation de la Confédération de l’Allemagne du Nord le 1er juillet 1867 sous la direction de la Prusse. Il faudra attendre 4 ans pour qu’en 1871 l’unification de l’Allemagne soit accomplie par la Prusse sur les décombres du Second Empire français.

Très tôt, son père remarque son talent et l’encourage à devenir peintre. Il lui permettra de se former auprès d’artistes reconnus, d’abord à Königsberg puis à Berlin et à Munich.

En 1891, elle épouse Karl Kollwitz, un ami d’enfance de son frère, Konrad Schmidt, avec lequel il partage les mêmes idées politiques socialistes. Il vient de terminer ses études de médecine, il est membre, comme Konrad, du parti social-démocrate et vient d’accepter un poste à Berlin comme médecin de la Caisse des Tailleurs, créée dans le cadre des nouvelles lois sociales.

Karl et Käthe Kollwitz s’installeront dans le quartier ouvrier de Prenzlauer Berg où ils vivront et travailleront pendant plus de 50 ans et où naîtront leurs deux fils, Hans en 1892 et Peter en 1896.

Nous reviendrons ici sur sa vie et son œuvre plus en détail, bien sûr, mais vous pouvez déjà consulter les sites des Musées Käthe Kollwitz de Berlin et de Cologne qui proposent une vision biographique d’ensemble en français. (Voir nos sites « amis »).

Et maintenant, traversons ensemble 80 ans d’histoire allemande avec la grande artiste et la Grande Dame Käthe Kollwitz.

Texte de présentation : Maryse Magnier

Reproduction autorisée uniquement avec mention de la

source  : http://www.kaethekollwitz.org

Des Vivants au Mort

15 janvier 1919

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Mémorial à Karl Liebknecht

Aujourd’hui, les cheminots sont en grève. Contre le gouvernement Ebert-Scheidemann. Ceux du métro aussi font grève aujourd’hui, pour leurs salaires.

Ça n’a pas été facile d’aller jusqu’à l’atelier. Le quartier de Moabit est bouclé. Les ponts sont gardés par des soldats armés de grenades. Ils fouillent les gens à la recherche d’armes.

On sent nettement un vent contre-révolutionnaire. Hoetzsch* et Traub** ont pris la parole au cirque Busch. Le drapeau noir-blanc-rouge est déployé. « Salut à toi, couronné des lauriers de la victoire » et « Deutschland ! Deutschland über alles !

……..

Freiheit parle de la façon monstrueuse dont on traite les prisonniers de la ligue spartakiste.

16 janvier 1919

Lâche et révoltant assassinat de Liebknecht et de Luxemburg.

19 janvier 1919

Dimanche. Les élections. J’ai voté pour la première fois. J’y suis allée avec Karl. Hans est allé voter plus tard tout seul, car le matin il était à l’hôpital militaire. Pour lui aussi, c’était la première fois.

Je me faisais une joie de cette journée, et maintenant qu’on y est, je suis à nouveau partagée et indécise. J’ai voté pour les Socialistes majoritaires. Pas pour la personne de Scheidemann, qui était en tête de liste. Mais pour l’idée que représente le socialisme majoritaire. Je sens que je suis plus à gauche, mais je ne peux pas voter indépendant ne serait-ce que parce que Eichhorn est candidat.

Hier soir, j’étais chez Einstein : une réunion avec Helene Stöcker, Nicolai et un avocat en vue de créer une ligue des droits de l’homme.

Pour contester la dictature militaire brutale et protester contre l’assassinat des dirigeants. Alex Bloch.

L’avocat nous a raconté qu’un fils de Liebknecht avait refusé tout le temps de la guerre de manger plus que sa ration réglementaire. On retrouve là chez lui le même sens rigide et inflexible de la justice que son père avait.

On dit aussi que Liebknecht descendrait de Luther du côté paternel.

Une jeune spartakiste est recherchée par la police.

On rapporte des choses affreuses sur les actes de violence de la Garde Blanche.

………………

Samedi 25 janvier 1919

Aujourd’hui, c’est l’enterrement de Karl Liebknecht et de 38 autres Spartakistes fusillés.

J’ai obtenu le droit de le dessiner, je suis allée tôt à la morgue. Il était exposé dans la chapelle ardente à côté des autres cercueils. Le front criblé de balles, ceint de fleurs rouges, le visage fier, la bouche entrouverte tordue par la douleur. On pouvait lire comme de l’étonnement sur son visage. Ses mains reposaient sur ses cuisses et il avait quelques fleurs rouges sur sa chemise blanche. Il y avait là plusieurs personnes que je ne connaissais pas. Karl, Hans et Stan étaient avec moi. Stan dessinait aussi. Ensuite, je suis rentrée avec mes dessins et j’ai essayé d’en faire un, meilleur, qui en soit la synthèse.

Lise est allée en ville pour suivre le cortège. L’énorme cortège de manifestants constamment dévié – tout le centre ville était bouclé par la Garde Blanche – a défilé jusqu’à la Bülowplatz en passant par Moabit. De là, il devait continuer jusqu’à Friedrichshain. Lise n’est pas allée plus loin. A partir de Friedrichshain, le défilé a suivi les cercueils.

Comme toutes ces mesures sont hypocrites et mesquines. Quand Berlin – une grande partie de Berlin – veut enterrer ses morts au combat, cela n’a rien de révolutionnaire ! Même entre les batailles il y a des heures de répit pour inhumer ses morts.

C’est indigne et provoquant d’ infliger ce déploiement militaire à ceux qui accompagnent Liebknecht au tombeau. Et c’est un signe de faiblesse de la part du gouvernement d’être obligé de tolérer cela.

Quand nous étions encore à la morgue, une vieille femme prolétaire s’est présentée. Ne pourrait-elle pas une dernière fois voir la dépouille ? Combien de gens comme elle suivent ces cercueils ! Stan nous a dit que maintenant elle est parfois abordée par des gens du groupe Spartakus. Récemment, une jeune femme lui a pris la main en lui disant : « Vous vous rappelez quand nous avons attaqué Vorwärts ? »

Une communauté éclatée, a dit Stan. Une communauté éclatée qui se terre, qui fuit.

Karl a assisté à tout le défilé. C’était bouleversant de voir une telle foule avec la même expression sur le visage.

Stan est allée au cimetière. On les a enterrés dans une fosse commune.

Pour Rosa Luxemburg, il y avait un cercueil vide à côté de celui de Liebknecht.

Zietz, Hoffmann, Levi et Breitscheid ont pris la parole. Quel supplice, tout ce tapage public pour la femme de Liebknecht ! Elle s’est évanouie.

Un monde fou se pressait autour de la tombe. Les gens se poussaient, se disputaient pour être devant

…………………………………….

Octobre 1920

En tant qu’artiste j’ai le droit de puiser dans tout ce réservoir d’émotions, de m’en imprégner pour ensuite le restituer. J’ai ainsi donc le droit de représenter l’adieu des ouvriers à Liebknecht, de le leur dédier même, sans pour autant être sur la ligne politique de Liebknecht.

(En 1920, Käthe Kollwitz réalise une gravure sur bois                                                    « Die Lebenden dem Toten », mémorial à Karl Liebknecht).

_____________________________

Le 3 décembre 1914, Käthe Kollwitz écrivait dans son Journal :

 « Hier, a eu lieu la deuxième séance du Reichstag pour le vote des nouveaux crédits de guerre. Cette fois encore, tous les partis ont parlé d’une même voix –

seul Liebknecht est resté ostensiblement assis ».

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Extraits du Journal de Käthe Kollwitz, paru en 2019 aux éditions « L’Atelier Contemporain » sous le titre « Il faut pourtant que je travaille », traduit de l’allemand par Sylvie Pertoci. Titre original « Die Tagebücher, 1908-1943 » éditions btb

N.B. Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont enterrés au cimetière de Berlin-Friedrichsfelde

*Otto Hoetzsch (1876-1946) Historien, homme politique conservateur, député au Reichtag de 1920 à 1923.

** Gottfried Traub (1869-1956) Pasteur, homme politique nationaliste, député du Parti National du Peuple Allemand (DNVP) au Reichstag de 1919 à 1920

2019, année « Käthe Kollwitz » en France

Grâce à la première grande exposition rétrospective de son œuvre au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, (4 octobre 2019/12 janvier 2020) et la parution ce 10 septembre de la traduction intégrale du journal intime de l’artiste tenu de 1908 à 1943.

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À notre connaissance, c’est la première traduction complète de ce journal (une dizaine de cahiers en cuir noir). On le doit au courage et à la volonté de l’éditeur François-Marie Deyrolle, Directeur des éditions « L’Atelier Contemporain », spécialisées, entre autres, dans la publication d’écrits d’artistes. Pour une traduction comme celle-ci, Il aura fallu le talent et l’opiniâtreté de la traductrice Sylvie Pertoci qui n’a ménagé ni son temps ni son énergie pour rendre fidèlement la lettre et l’esprit des écrits de Käthe Kollwitz.

L’édition française du journal de Käthe Kollwitz qui a pour titre « Mais il faut pourtant que je travaille », citation extraite du journal, comprend également la traduction de ses Souvenirs et d’articles, ses hommages à Rodin et à Klinger, qui nous disent beaucoup de son intelligence, de sa curiosité et de sa perception si fine de la réalité.

Le format du livre (21×25 cm) en facilite la lecture. Il comprend plus de 200 illustrations et il est édité en partenariat avec le Goethe-Institut et le Käthe Kollwitz Museum de Cologne qui a, par ailleurs, prêté de nombreuses œuvres pour l’exposition du Musée d’Art Moderne de Strasbourg.

Käthe Kollwitz n’est pas dans un Olympe de la Création, loin des mortels et des « soins qui les dévorent ». Pendant plus de 50 ans, à Berlin Prenzlauer Berg, immergée au cœur de la vie réelle, elle est témoin, à travers le travail de son mari, Karl Kollwitz, « du fardeau et de la tragédie insondables de la vie des prolétaires ».

« … Quand je rencontrais les femmes que mon mari soignait et qui venaient également me voir pour chercher un réconfort, j’étais profondément touchée par le destin du prolétariat dans toutes ses dimensions. Des problèmes insolubles, comme la prostitution et le chômage, me tourmentaient et m’affectaient. Ils ont contribué à mon engagement à témoigner des souffrances des plus pauvres. En ne cessant de dépeindre leurs vies, je me ménageais une soupape qui m’aidait à supporter la vie ». (Käthe Kollwitz, 1941, Souvenirs d’après 1898).

Cette soupape, comme elle l’écrit, elle la trouve d’abord dans la création, souvent difficile, faite de doutes, de renoncements et de fulgurances. Elle ne s’autorise pas à s’ouvrir à son entourage, ne veut pas parler de ses craintes, de ses frayeurs, de ses souffrances, physique et psychologique, en particulier après la mort de son fils Peter : « il y a tant de souffrances plus grandes que la mienne » dira-t-elle. C’est ainsi qu’elle cherchera également un réconfort dans l’écriture, en confiant à ses carnets, avec une grande honnêteté et une grande lucidité tous ses troubles, ses questionnements sur la vie et le monde, ses angoisses et son intérêt pour tous ceux et tout ce qui l’entourent. Elle s’inquiète pour ses proches, ses amis, ses voisins, ses collègues.. Elle sait reconnaître ses erreurs de jugement. Elle n’est pas tendre envers elle-même.

Elle est curieuse et à l’écoute du « bruit et de la fureur » du monde. La fureur qui la rattrapera sous le Nazisme. Nazisme qu’elle combattra jusqu’au bout dans une dernière œuvre graphique, alors qu’elle est très affaiblie par la maladie.

« Une fois de plus, la dernière, j’ai décidé de reprendre le même thème et j’ai dit à Hans (son fils aîné), il y a quelques jours : « Voici mon dernier mot, mon testament : « Ne broyons pas nos graines de semences ! ». Ces derniers jours, je me sentais le cœur incroyablement lourd. Ainsi, une fois de plus, j’ai dessiné le même sujet, des garçons, de vrais petits berlinois qui reniflent avidement l’air du dehors comme de jeunes poulains et qu’une femme essaie de retenir. La femme, une vieille femme protège les enfants contre elle, sous son manteau ; de force, elle les maîtrise en les entourant de ses bras et de ses mains. Ce cri, « Ne broyons pas nos graines de semence » », comme « Plus Jamais de Guerre ! », n’est pas un souhait, mais bien un commandement, une exigence ». (Käthe Kollwitz, lettre à Beate Bonus-Jeep, fin 1941)

À travers son Journal, écrit de 1908 à 1943, ses Souvenirs et sa correspondance, Käthe Kollwitz ne nous parle pas du temps perdu et retrouvé au détour d’une « madeleine » bourgeoise, corsetée et figée.

Avec toute son humanité, sa sensibilité, elle nous parle des femmes et des hommes, de leurs rêves, de leurs joies, de leurs souffrances et de leurs désirs.

Elle nous parle d’amour et de fraternité.

Elle nous parle de nous.

Maryse Magnier

L’Atelier Contemporain

http://editionslateliercontemporain.net/collections/ecrits-d-artistes/article/mais-il-faut-pourtant-que-je-travaille

 

http://www.kollwitz.de

http://www.kollwitz.de/

Goethe Inst Logo

 

 

 

https://www.goethe.de/ins/fr/fr/ver.cfm?fuseaction=events.detail&event_id=21612303

 

https://www.musees.strasbourg.eu/web/musees/k%C3%A4the-kollwitz-%C2%AB-je-veux-agir-dans-ce-temps-%C2%BB

 

 

 

 

 

Käthe Kollwitz wird offiziell in die Ruhmeshalle Walhalla aufgenommen

In einem Festakt mit anschließendem Staatsempfang wird die Büste von Käthe Kollwitz am 29. Mai 2019 in der WALHALLA in Donaustauf bei Regensburg aufgestellt.

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Bereits im Dezember 2017 beschloss der bayrische Ministerrat die Aufstellung der Kollwitz Büste. Der damalige Kunstminister Dr. Ludwig Spaenle würdigte die Künstlerin als eine große deutsche Persönlichkeit, die auf ihrem Gebiet Herausragendes geleistet hat:
Käthe Kollwitz berührt mit ihren Werken bis heute. Ihr Schaffen umfasst alle große Lebensthemen. Sie stellt mit ihrem Leben und ihrer Haltung ein Vorbild dar, auf das alle Deutschen stolz sein können. Ihr Werk spiegelt menschliches Leid, Tod und Trauer. Es eröffnet auf einzigartige Weise die Perspektive von Frauen auf Kriegserfahrungen.

Der Vorschlag zur Aufstellung einer Büste von Käthe Kollwitz geht auf Gabriele Meuer und ihre Initiative « Käthe Kollwitz zu Ehren » zurück. Als Schulprojekt der 10. Klasse an der Käthe-Kollwitz-Schule in Hannover gestartet, konnte Gabriele Meuer mit ihren Schüler*innen viele weitere Kollwitz-Schulen in Deutschland von ihrer Idee begeistern und sich auch der Unterstützung der Käthe Kollwitz Museen in Berlin, Köln und Moritzburg sowie der Akademie der Künste Berlin vergewissern.
Im vergangenen Jahr hat die Initiative 30.000 Euro an Spenden gesammelt, um die Schaffung und Aufstellung der Büste zu finanzieren. Als gestaltenden Künstler für die Büste gewannen sie den Hannoveraner Bildhauer Uwe Spiekermann. Höchstpersönlich habe Spiekermann Marmor Bianco Statuario aus dem Südtiroler Ort Laas geholt. Dort werde der Stein in mehr als 2.000 Metern Höhe nur unter Tage abgebaut. Die Schüler*innen der Kollwitz-Schule Hannover begleiteten den Werkprozess in ihrem Schulblog « Käthe goes Walhalla » und besuchten den Künstler mehrfach in seiner Werkstatt.
Selbstverständlich werden sie auch bei der Aufstellung der Büste in Donaustauf dabei sein, wenn Gabriele Meuer als Leiterin der Initiative das Grußwort spricht und Uwe Spiekermann seine Büste erläutert. Hannelore Fischer, Leiterin des Käthe Kollwitz Museums in Köln, wird den Festvortrag halten. Auch die Familie Kollwitz wird an dem Festakt teilnehmen.

DonaustaufDie 1842 im Auftrag von König Ludwig I. erbaute Ruhmes- und Ehrenhalle Walhalla in Donaustauf bei Regensburg ehrt herausragende Deutsche durch die Aufstellung einer Büste. Derzeit befinden sich 130 Büsten und 64 Gedenktafeln in der Walhalla. Für eine Aufnahme sollte die in Frage kommende Persönlichkeit wenigstens 20 Jahre tot sein, der germanischen Sprachfamilie angehören und Bedeutendes in Politik, Sozialwesen, Wissenschaft oder Kunst geleistet haben. Entscheidungen über Aufstellungen erfolgen im Abstand von etwa fünf bis sieben Jahren.

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1. Mai 1922

 

MärzFriedhof

Märzfriedhof Okt 1913 (Lithografie)

Berlin. Kalt, windig, regnerisch.

Trotz allem eine Demonstration im Lustgarten, wie wir sie noch nicht sahen. Die Sozialdemokraten, die Unabhängigen und die Kommunisten demonstrierten gemeinsam. Endlose Züge vereinigten sich und strömten zusammen. Die roten Fahnen wehten im Winde, Musikkapellen spielten die Internationale und die Marseillaise, mit kränzen geschmückte Kinder zogen im Zuge, offene Wagen gab es mit roten Blumen und Bändern geschmückt auch für die Kinder, die roten Fahnen mit dem Sowjetstern flatterten neben denen der SPD. Ein herrliches Bild gemeinsamer froher festlicher Kampfesstimmung. Noch Kampfesstimmung, noch ist der 1. Mai ebenso oder noch mehr Kampftag als Festtag, aber doch auch schon Festtag. Internationaler Weltfeiertag !

Käthe Kollwitz, Die Tagebücher 1908-1943

btb Verlag – Seite 531

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1er mai 1922

MärzFriedhof

Märzfriedhof, Okt 1913- Cimetière de mars, oct 1913 (Lithographie)

Berlin. Froid, vent, pluie

Malgré cela, une manifestation dans le parc comme nous n’en avions jamais vue.

Les Socio-démocrates, les Indépendants et les communistes manifestaient ensemble.

Des cortèges sans fin se réunissaient. Les drapeaux rouges volaient dans le vent, des orchestres jouaient l’Internationale et la Marseillaise, des enfants ornés de couronnes défilaient, il y avait aussi pour les enfants des voitures découvertes décorées de roses rouges et de rubans, les drapeaux rouges avec l’étoile des soviets flottaient à côté de ceux du SPD. Un magnifique tableau d’un désir de combat commun, joyeux et solennel. Mais encore un désir de combat – le premier mai est encore plus un jour de combat qu’un jour de fête-, mais il commence aussi à devenir un jour de fête. Jour de fête du monde, international !

« Journal, 1908-1943- Käthe Kollwitz » (page 243) – Édition l’Atelier Contemporain.

Traduction Micheline Doizelet et Sylvie Doizelet

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Zum Todestag von Käthe Kollwitz

Am diesjährigen Ostermontag jährt sich der Todestag von Käthe Kollwitz zum 74. MalTulpen_3-284x300.jpg

Am 22. April 1945 – wenige Tage vor Kriegsende – verstarb die Künstlerin im Alter von 77 Jahren in Moritzburg. Ende 1941 hatte sie als Reaktion auf den Kriegsverlauf eine letzte Lithografie ausgeführt, betitelt mit den mahnenden Worten Goethes „Saatfrüchte sollen nicht vermahlen werden“.

Johann Wolfgang von Goethe war der Lieblingsschriftsteller von Käthe Kollwitz. Mit ihm verband sie zeitlebens eine besondere Beziehung, wie sich ihre Enkelin Jutta Bohnke-Kollwitz erinnerte:

„Denn Goethe war ihr unendlich lieb; er stand ihr viel näher als irgendein anderer Dichter, wie ein Freund, wie ein Zielpunkt des eigenen Lebens.“

Und auch Kollwitz schrieb in ihren autobiografischen Aufzeichnungen:
„Goethe hat sehr früh bei mir Wurzel gefasst. Ich habe ihn mein ganzes Leben lang nicht mehr gelassen“.

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Beim traditionellen Osterspaziergang durch die erwachende Natur sind Goethes Zeilen aus dem Faust I kaum wegzudenken:

Vom Eise befreit sind Strom und Bäche
durch des Frühlings holden, belebenden Blick.
Im Tale grünet Hoffnungsglück.
Der alte Winter, in seiner Schwäche
zog sich in rauhe Berge zurück.

Begleitet von Goethes Worten lässt sich in Berlin ganz leicht auf den Spuren von Käthe Kollwitz wandern und einen Osterspaziergang auch zu ihrem Gedenken unternehmen. Ein Besuch bei uns im Kollwitz-Museum könnte als Startpunkt dienen, dann geht es die Fasanenstraße entlang zur heutigen Universität der Künste, in der Käthe Kollwitz ihr Meisteratelier hatte. Weiter durch den Tiergarten zum Pariser Platz mit der Akademie der Künste, in der sie von 1919 bis 1933 Mitglied war – Anschließend die Linden hinunter zur Neuen Wache, in der heute eine Vergrößerung ihrer berühmten „Pieta“ steht.

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Ruhiger und naturnaher wird es bei einem Rundgang  über den Zentralfriedhof Berlin-Friedrichsfelde – auch als Sozialistenfriedhof bekannt. Hier wurde Käthe Kollwitz nach Kriegsende im Familiengrab beigesetzt, das eine ihrer schönsten Plastiken schmückt: das Relief „Ruht im Frieden seiner Hände“ – ein Zitat von Goethe.

Viele weitere Künstler, Persönlichkeiten aus Wissenschaft und Kultur sowie Widerstandskämpfer gegen das NS-Regime fanden auf diesem denkmalgeschützten Friedhof ihre letzte Ruhestätte.

Weitere Informationen finden Sie auch unter: http://www.sozialistenfriedhof.de

SUR LES BARRICADES

Alfred HRDLICKA

au Musée Käthe Kollwitz de Berlin

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Exposition exceptionnelle du 11 mars au 2 juin 2019

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Alfred Hrdlicka (né en 1928), sculpteur, dessinateur et graveur autrichien est décédé à Vienne en décembre 2009, il y a bientôt dix ans.

À l’occasion de cet anniversaire, le Musée Käthe Kollwitz de Berlin présente, en partenariat avec la Galerie Hilger de Vienne, une exposition de ses œuvres sur le thème de la Révolution.

Sont exposées des parties de ses cycles « Révolution Française » (de 1986/87) et « Révolution 1848 » (de 1998).

Dans la seconde moitié du XXe siècle, peu d’artistes ont été aussi engagés politiquement que l’artiste figuratif Alfred Hrdlicka.

Cet engagement se traduit par une impressionnante expression artistique à travers son langage pictural puissant et son exceptionnel talent de sculpteur et de dessinateur.

En représentant sur le papier, avec fougue, toutes les cruautés, les perversions et les fantasmes de violence, il provoque le spectateur et l’oblige à prendre position face à ces thèmes primordiaux.

L’Homme est au centre de sa création et, il est, pour Hdrlicka, autant une victime qui souffre qu’un être en proie à ses obsessions.

Les événements historiques que l’artiste a souvent représentés dans des cycles de gravures, renvoient toujours au présent et à son inquiétante actualité.

C’est à travers leur intérêt commun pour le thème révolutionnaire et leur maîtrise virtuose des techniques de dessin et de gravure, que se rencontrent Hrdlicka et l’artiste qui a donné son nom au musée, Käthe Kollwitz.

A Berlin, au début des années 70, Hrdlicka a été célèbre pour sa décoration de la Maison de la Paroisse Évangélique de Plötzensee.

L’artiste avait incarné, sous la forme d’une « Danse Macabre » du Moyen-Âge, les victimes de la domination Nazie et la menace de la violence, du pouvoir et de l’arbitraire sur les hommes.

Sont présentées environ 35 œuvres sur papier et dix œuvres sculptées, en partie en grand format.

Traduction de l’allemand : Maryse Magnier

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Alfred Hrdlicka

Auf den Barrikaden

 Alfred Hrdlicka im Käthe-Kollwitz-Museum

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Sonderausstellung vom 11. März bis 2. Juni 2019 

Eröffnung der Ausstellung am 10. März 2019 um 11 Uhr

Der österreichische Bildhauer, Zeichner und Grafiker Alfred Hrdlicka (*1928) verstarb vor zehn Jahren im Dezember 2009 in Wien. Aus diesem Anlass präsentiert das Käthe-Kollwitz-Museum Berlin in Zusammenarbeit mit der Galerie Hilger, Wien, eine Ausstellung mit seinen Werken zum Thema Revolution. Gezeigt werden Teile der Zyklen zur „Französischen Revolution“ aus der Zeit von 1986/87 sowie zur „Revolution 1848“ aus dem Jahr 1998.

In der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts gab es kaum einen figürlich arbeitenden Künstler, der politisch engagierter war, als Alfred Hrdlicka. Dieses Engagement fand in einer kraftvollen Bildsprache und einem begnadeten bildhauerischen und zeichnerischem Können seinen eindrucksvollen künstlerischen Ausdruck.

Mit seinen ungestümen Arbeiten auf Papier, die voller Grausamkeiten, Perversionen und Gewaltphantasien sind, provozierte er den Kunstbetrachter und erzwang eine Haltung zu den ihm wichtigen Themen. Der Mensch steht im Mittelpunkt seines Schaffens und ist für Hrdlicka sowohl leidendes Opfer, wie triebhaftes Wesen. Die historischen Begebenheiten, die der Künstler häufig in grafischen Zyklen darstellte, verweisen immer auch in die Gegenwart und sind daher von beängstigender Aktualität. In ihrem Interesse an revolutionären Themen und ihrer virtuosen Beherrschung zeichnerischer und grafischer Techniken treffen sich Hrdlicka und die Namensgeberin des Museums.

In Berlin wurde Hrdlicka Anfang der 1970er Jahren mit der Ausgestaltung des Evangelischen Gemeindehauses Plötzensee bekannt. In Form eines mittelalterlichen „Totentanzes“ gedachte der Künstler der Opfer der NS-Herrschaft und der Bedrohung der Menschen durch Gewalt, Macht und Willkür.

Präsentiert werden ca. 35 Arbeiten auf Papier und zehn zum Teil großformatige Plastiken.

VERANSTALTUNGEN

Donnerstag, den 16. Mai 2019, 19 Uhr | VORTRAG

Künstler! – Politische Künstler? Alfred Hrdlicka und seine Zeitgenossenschaft
Prof. Wolfgang Ruppert
Universität der Künste Berlin

Sonntag, den 2. Juni 2019, 11 Uhr | FINISSAGE mit Künstlergespräch

Die Arbeitsweise von Alfred Hrdlicka und Erfahrungen aus seiner Lehre
Bernd Stöcker
Bildhauer, Triftern

In der Reihe Kollwitz aktiv wird es für Mitglieder des Freundeskreises eine Führung durch das Evangelische Gemeindezentrum Plötzensee und die Gedenkkirche Maria Regina Martyrum geben.

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Alfred Hrdlicka, Die Berliner Bürgerwehr schießt auf aufständische Arbeiter, 1998, Radierung aus dem Zyklus Die Revolution 1848. Aufbruch zur Freiheit. (c) Alfred Hrdlicka-Archiv, Wien: http://www.alfred-hrdlicka.com

Robert Liebknecht – Les Premières Oeuvres

KÄTHE KOLLWITZ MUSEUM BERLIN

Robert Liebknecht (Berlin 1903 – Paris 1994) – Les Premières œuvres

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1er décembre 2018 – 3 février 2019

Exposition temporaire dans le cadre du Berliner Themenwinter

(Un Hiver de Commémoration) :

« Il y a 100 ans, la Révolution – Berlin 1918/19 »

En Allemagne, à partir de novembre 1918, une année de révolution aux allures de guerre civile va succéder à de la Première Guerre Mondiale.

Le 15 janvier 1919, les socialistes Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés à Berlin.

A la demande de la famille Liebknecht, Käthe Kollwitz réalise le portrait de Karl Liebknecht à la morgue et fait la connaissance de son fils Robert qui, plus tard, sollicitera son avis sur ses dessins. Elle lui trouvera un grand talent et l’encouragera à suivre une formation artistique.

Robert Liebknecht choisira donc la voie artistique et il suivra les cours de Hans Baluschek et Willy Jaeckel dans une école d’Art privée à Berlin puis, ceux de l’impressionniste Robert Sterl, à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde.

En 1930, il s’installe à Berlin-Wedding et puise son inspiration dans l’environnement urbain et ouvrier berlinois, les cafés et les scènes de rues.

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En 1933, avec sa femme, il émigre en France où il va développer son style avec beaucoup d’intensité dans la lumière et la couleur.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, après un internement dans un camp français (le camp des Milles), le couple fuit en Suisse et revient en France en 1948.

En 1956, Robert Liebknecht prend la nationalité française.

De nombreuses expositions en France, en Suisse, en Allemagne de l’Ouest et en RDA, témoigneront de sa reconnaissance artistique grandissante.

Il meurt à Paris en 1994 et il est enterré au cimetière berlinois de Friedrichsfelde.

Le Musée Käthe Kollwitz de Berlin présente, dans la salle de la coupole, les premiers travaux des périodes berlinoise et de Dresde de l’artiste. Une quarantaine de peintures, dessins et gravures sont exposés dont certaines œuvres qui n’ont jamais été présentées au public.

Parallèlement à cette exposition exceptionnelle, le Musée présente dans la salle des gravures le travail d’atelier préparatoire de Käthe Kollwitz pour sa gravure sur bois : « Mémorial à Karl Liebknecht ». Dessins, variantes et essais d’impression nous donne un aperçu du travail de création de l’artiste et de sa confrontation avec ce qui était alors pour elle une nouvelle technique : la gravure sur bois.

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Traduction: Maryse Magnier

Robert Liebknecht – Das Frühwerk

KÄTHE KOLLWITZ MUSEUM BERLIN

1. Dezember 2018 bis 3. Februar 2019

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im Rahmen des Berliner Themenwinters 
100 Jahre Revolution – Berlin 1918/19

Das Ende des 1. Weltkrieges im November 1918 führte in ein Jahr der Revolution, das auch in Berlin bürgerkriegsartige Unruhen hervorrief.
Am 15. Januar 1919 wurden die Sozialisten Karl Liebknecht und Rosa Luxemburg ermordet.

Käthe Kollwitz zeichnete Liebknecht auf dem Totenbett und lernte die Familie des Ermordeten kennen. Darunter auch der kunstbegeisterte Sohn Robert. Er wurde bei der Künstlerin vorstellig, sie sollte sich ein Bild von seinem Talent machen. Und Käthe Kollwitz hielt ihn für sehr begabt.

Robert Liebknecht schlug den künstlerischen Weg ein, studierte an der privaten Kunstschule in Berlin bei Hans Baluschek und Willy Jaeckel sowie an der Dresdner Kunstakademie bei Robert Sterl.

1930 kehrte er nach Berlin zurück, ließ sich im Wedding nieder und fand seine Motive in der Berliner Umgebung, den Stadtlandschaften, der Café- und Straßenszene.

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1933 emigrierte Liebknecht mit seiner Frau nach Frankreich und entwickelte dort seinen Stil mit einer intensiven, leuchtenden Farbigkeit.

Während des 2. Weltkrieges floh das Paar nach der Internierung in ein französisches Lager in die Schweiz und kehrte erst 1948 nach Paris zurück. 1956 nahm Robert Liebknecht die französische Staatsbürgerschaft an.

Zahlreiche Ausstellungen in Frankreich, der Schweiz, Ost- und West-Deutschland belegen seine wachsende künstlerische Anerkennung. 1994 starb Liebknecht in Paris und wurde in Berlin auf dem Friedhof Friedrichsfelde beigesetzt.

Parallel zeigen wir in unseren Grafikräumen eine Studioausstellung aus eigenem Bestand zu dem Holzschnitt von Käthe Kollwitz Gedenkblatt für Karl Liebknecht. Zeichnungen, Variationen und Zustandsdrucke geben einen Einblick in die Arbeitsweise der Künstlerin und ihre Auseinandersetzung mit der für sie damals neuen Technik des Holzschnittes.

Gedenkblatt-Karl-Liebknecht (1)

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